Le quartier Saint-Nicolas
Les maisons se multiplient au cours des XIe et XIIe siècles. L'église Saint-Nicolas est achevée entre 1143 et 1146. Sa fondation prouve que le faubourg est déjà relativement peuplé. Son emplacement donne à penser que les actuelles rues de la Petite-Bilange, de la Monnaie et Saint-Nicolas étaient couvertes de demeures à partir du centre. Sa dédicace n'est pas l'effet du hasard : saint Nicolas est le patron des marchands et des marins. En réalité, l'église est perfois appelée Saint-Nicolas « de riperia - de la rive », car la Loire vient jusqu'à ses murs.

Tout l'espace de l'actuelle place Kléber a donc été conquis sur le fleuve. L'église Saint-Nicolas et son quartier en 1733L'église-halle primitive est selon la règle tournée vers l'Orient ; un choeur la prolonge du côté de la place Saint-Nicolas. Cette disposition est bien visible sur ce plan daté de 1733 et tourné vers le sud. On pénètre alors dans l'édifice par deux portes latérales, qui nous paraissent aujourd'hui bien basses, car, au cours des siècles, le niveau des rues a été relevé d'environ deux mètres. L'église, retournée et "embellie" avec maladresse, est progressivement défigurée. Elle prend néanmoins de l'importance, parvenant au statut d'église paroissiale au XVIe siècle.
La paroisse Saint-Nicolas est étendue et atteint la tour Grenetière. Elle possède ses fonts baptismaux, ses registres paroissiaux, son cimetière, situé à l'ouest de l'église sur un terrain marécageux. Un cimetière plus ancien était éclairé la nuit par une lanterne des morts, un petit édifice à la base carrée, qui était surmonté par une flèche octogonale. Ce curieux monument, seul de ce type en Anjou, est fort peu connu et à moitié détruit. Le voici à gauche vers 1900, et aujourd'hui à droite.